Date :07/09/2010 Envoyer un eamil !  Accueil
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Spécificités du financement
  
 1. De Vrais Fonds Propres.

Le financement du capital-risque n’est ni un don, ni une prime, ni une subvention que les autorités publiques ou autres institutions donnent pour encourager certains promoteurs à la réalisation d’une certaine action dans le cadre d’un programme donnée. 
Ce n’est pas une aide remboursable non plus octroyée généralement pour subvenir à un besoin ponctuel et limité d’une action ou d’un promoteur, 
Ce n’est pas non plus un crédit bancaire, qui est couvert de tout les garanties possibles et imaginaires, et remboursables dans des délais et avec des taux fixés d’avance et qui n’ont aucun lien avec les performances réelles de l’entreprise, (en cas de difficulté l’entreprise rembourse quand même)
Le capital-risque c’est du cash injecté dans le capital, qui aussitôt converti en titres puisse s’impliquer et supporter les risques de développement de l’entreprise. 

2. Octroyés Sans garanties.

Ni matérielles, ni immatérielles, ni de la part du promoteur, ni de l’entreprise elle-même. C’est un financement d’un partenaire qui croit au projet et qui sera engagé comme tout autre partenaire (entre autre le promoteur) dans sa réussite et pour lequel il serait absurde de s’imposer des garanties. En plus c’est un financement qui n’est pas forcément rémunéré ! 

3. Sous forme de prises de participations en capital.

Et ce à travers des instruments appropriés pour la cause, donnant accès immédiat ou à terme au capital de l’entreprise, tels que des Actions Ordinaires, des Obligations Convertibles en Actions, des Actions à Dividendes Prioritaires, des Certificats d’Investissements etc... Ces instruments reconnaissent à la fois la participation financière de l’investisseur et lui accordent un certain nombre de droits, tels que les droits aux dividendes, à l’accès à l’information, au siège dans le conseil d’administration, au vote etc…. 

4. Des participations minoritaires.

Qui laissent le chef d’entreprise maître de la gestion et indépendant. Légalement  (en Tunisie ) la participation d'une SICAR ne peut pas être majoritaire, même lorsque le niveau des financements l’exige. ( Il y a encore un débat pour permettre une participation majoritaire pour un pool de SICARs )

5. Un financement élitiste.

Permettant la réalisation de projets très ambitieux en terme de croissance et de rentabilité, qui trouvent des difficultés à boucler leurs besoins en capitaux auprès des banques vu le risque généralement élevé qu’ils engendrent, surtout lors de la phase de création et de démarrage du projet.

Si l’on considère les opérations les plus grosses, les plus connues, c’est-à-dire le financement de Microsoft, Apple, Intel, Sun Microsystems, Compaq, Yahoo, Amazon, et même des chercheurs dont certains ont reçu le Prix Nobel (*) ou des distinctions internationales pour leurs travaux qui les situent comme des savants, il est évident qu’il s’agit d’un financement élitiste, la recherche des meilleures. 
Si l’on considère en revanche le nombre d’inconnus qui ont pu réussir leur projet, développer leur entreprise, créer des emplois, investir, exporter, sortir en Bourse, créer de la valeur et des richesses, on peut dire que le Capital Risque s’adresse à tous, que le projet ait des ambitions locales, régionales, nationales, à plus forte raison, internationales. Il n’en reste pas moins que le nombre d’élus est resté faible, les Capital Risqueurs par manque de ressources, n’ayant distribué que peu. 

C’est évidemment le financement idéal pour les sociétés de haute technologies dans lesquelles les risques sont très élevés. Mais c’est un financement qui s’adresse plus généralement à toutes les entreprises de forte croissance. 


6. Un financement original.

L’investisseur en capital-risque est un partenaire actif qui apporte non seulement son soutien financier mais aussi son savoir-faire en terme de développement stratégique, de gestion de l’entreprise, d’introduction au réseau de l’investisseur etc... un partenariat consistant à épauler le chef d’entreprise, selon le besoin. De ce fait le capital-risque est une offre de capital doublée d’une offre de services à valeur ajoutée aux entreprises. C’est un véritable partenariat qui n’est rendu possible que parce que ces financiers d’un genre particulier cherchent la valorisation maximale de leur investissement par la réussite de l’entreprise financée.

7. Pour une durée limitée.

Ce partenariat n’est pas éternel, il est limitée par une durée jugée nécessaire à la réussite du projet qui se situe généralement entre 3 et 7 ans. 

8. Et qui se termine par une cession des titres.

Détenus par les investisseurs avec l’accord du chef d’entreprise, une cession dégageant les plus-values qui rémunèrent les risques pris, une fin qui se négocie dés le début. 



Enfin, un métier qui diffère de celui d’un banquier: 

Les aspects sus-mentionnés font distinguer clairement le Capital-Risqueur du Banquier. 
En effet, le banquier travaille avec l’argent des clients placé à court terme ou à vue, les sociétés de Capital Risque travaillent avec les fonds propres qui leur sont confiés pour quelques années par des Investisseurs avertis. 
Le banquier travaille avec une optique de risques statiques, les sociétés de Capital-Risque travaillent avec une option de risques dynamiques évoluant avec le temps d'où une sélectivité assez élevée des projets et des promoteurs. 
Au moment ou l’opérationnel banquier suit une centaine d’entreprises, les opérationnelles des capital-risque suivent au plus une dizaine de sociétés, chacun. 
Quand le banquier a pour objectif de ne pas perdre plus de 1% des encours qu’il a consenti à sa clientèle PME, la société de Capital-Risque a pour ambition de gagner 30% à 40% par an sur ces investissements ! Il s’agit de deux métiers complètement différents. (Voir ci-dessous Tableau comparatif CR & Banque)

Cependant, il est important de noter que dans l’exercice normal de leur profession les banquiers partout dans le monde particulièrement aux USA et en Europe consentent des prêts à risques (aussi rares soient-ils) et ils ont soutenu de nombreuses entreprises qui sans ces banquiers elles n'auraient jamais vu le jour, ou elles auraient disparu. Par conséquent on ne peut pas généraliser la frilosité des banquiers vis-à-vis des projets innovants et de constater en même temps le niveau d’endettement très élevé des PME «innovants».

Tableau comparatif entre Capital-Risque et financièrement Bancaire.

 

 

Capital-risque

Banque

Entreprise PME - PMI  Toutes les entreprises
Age de l'entreprise Création Développement 
Développement 
Transmission
Nature de l'intervention Fonds propres & Conseils Essentiellement des prêts
Durée de l'intervention Long terme court et moyen terme
Eléments de décision Qualités des Dirigeants Capacités Financières de remboursement
Couple Produit / Marché   
Perspectives des plus-values Garanties et Cautions
Logique financière Logique d'investisseur Remboursement
Plus-values
Type de financement Répétitif Souvent ponctuel
Attitude vis-à-vis de l'entreprise Active et engagée Passive



(*) Pierre BATTINI Capital Risque: mode d’emploi, Editions d’Organisation, Paris FR 2001.

 

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