| 1. De Vrais
Fonds Propres.
Le financement du capital-risque
n’est ni un don, ni une prime, ni une subvention que les autorités publiques ou
autres institutions donnent pour encourager certains promoteurs à la réalisation
d’une certaine action dans le cadre d’un programme donnée. Ce n’est pas
une aide remboursable non plus octroyée généralement pour subvenir à un besoin
ponctuel et limité d’une action ou d’un promoteur, Ce n’est pas non
plus un crédit bancaire, qui est couvert de tout les garanties possibles et
imaginaires, et remboursables dans des délais et avec des taux fixés d’avance et
qui n’ont aucun lien avec les performances réelles de l’entreprise, (en cas de
difficulté l’entreprise rembourse quand même) Le capital-risque c’est du cash
injecté dans le capital, qui aussitôt converti en titres puisse s’impliquer et
supporter les risques de développement de l’entreprise.
2. Octroyés Sans
garanties.
Ni matérielles, ni immatérielles, ni
de la part du promoteur, ni de l’entreprise elle-même. C’est un financement d’un
partenaire qui croit au projet et qui sera engagé comme tout autre partenaire
(entre autre le promoteur) dans sa réussite et pour lequel il serait absurde de
s’imposer des garanties. En plus c’est un financement qui n’est pas forcément
rémunéré !
3. Sous forme de
prises de participations en capital.
Et ce à travers des instruments
appropriés pour la cause, donnant accès immédiat ou à terme au capital de
l’entreprise, tels que des Actions Ordinaires, des Obligations Convertibles en
Actions, des Actions à Dividendes Prioritaires, des Certificats
d’Investissements etc... Ces instruments reconnaissent à la fois la
participation financière de l’investisseur et lui accordent un certain nombre de
droits, tels que les droits aux dividendes, à l’accès à l’information, au siège
dans le conseil d’administration, au vote etc….
4. Des participations
minoritaires.
Qui laissent le chef d’entreprise
maître de la gestion et indépendant. Légalement (en Tunisie ) la
participation d'une SICAR ne peut pas être majoritaire, même lorsque le niveau
des financements l’exige. ( Il y a encore un débat pour permettre une
participation majoritaire pour un pool de SICARs )
5. Un financement élitiste.
Permettant la réalisation de projets
très ambitieux en terme de croissance et de rentabilité, qui trouvent des
difficultés à boucler leurs besoins en capitaux auprès des banques vu le risque
généralement élevé qu’ils engendrent, surtout lors de la phase de création et de
démarrage du projet.
Si l’on considère les opérations les plus grosses,
les plus connues, c’est-à-dire le financement de Microsoft, Apple, Intel, Sun
Microsystems, Compaq, Yahoo, Amazon, et même des chercheurs dont certains ont
reçu le Prix Nobel (*) ou des distinctions internationales pour leurs
travaux qui les situent comme des savants, il est évident qu’il s’agit d’un
financement élitiste, la recherche des meilleures. Si l’on considère en
revanche le nombre d’inconnus qui ont pu réussir leur projet, développer leur
entreprise, créer des emplois, investir, exporter, sortir en Bourse, créer de la
valeur et des richesses, on peut dire que le Capital Risque s’adresse à tous,
que le projet ait des ambitions locales, régionales, nationales, à plus forte
raison, internationales. Il n’en reste pas moins que le nombre d’élus est resté
faible, les Capital Risqueurs par manque de ressources, n’ayant distribué que
peu.
C’est évidemment le financement idéal pour les sociétés de
haute technologies dans lesquelles les risques sont très élevés. Mais c’est un
financement qui s’adresse plus généralement à toutes les entreprises de forte
croissance.
6. Un financement original.
L’investisseur en capital-risque est
un partenaire actif qui apporte non seulement son soutien financier mais aussi
son savoir-faire en terme de développement stratégique, de gestion de
l’entreprise, d’introduction au réseau de l’investisseur etc... un partenariat
consistant à épauler le chef d’entreprise, selon le besoin. De ce fait le
capital-risque est une offre de capital doublée d’une offre de services à valeur
ajoutée aux entreprises. C’est un véritable partenariat qui n’est rendu possible
que parce que ces financiers d’un genre particulier cherchent la valorisation
maximale de leur investissement par la réussite de l’entreprise
financée.
7. Pour une durée
limitée.
Ce partenariat n’est pas éternel, il
est limitée par une durée jugée nécessaire à la réussite du projet qui se situe
généralement entre 3 et 7 ans.
8. Et qui se termine par une cession des
titres.
Détenus par les investisseurs avec
l’accord du chef d’entreprise, une cession dégageant les plus-values qui
rémunèrent les risques pris, une fin qui se négocie dés le
début.
Enfin, un métier qui
diffère de celui d’un banquier:
Les aspects
sus-mentionnés font distinguer clairement le Capital-Risqueur du
Banquier. En effet, le banquier travaille avec l’argent des clients
placé à court terme ou à vue, les sociétés de Capital Risque travaillent avec
les fonds propres qui leur sont confiés pour quelques années par des
Investisseurs avertis. Le banquier travaille avec une optique de
risques statiques, les sociétés de Capital-Risque travaillent avec une option de
risques dynamiques évoluant avec le temps d'où une sélectivité assez élevée des
projets et des promoteurs. Au moment ou l’opérationnel banquier suit
une centaine d’entreprises, les opérationnelles des capital-risque suivent au
plus une dizaine de sociétés, chacun. Quand le banquier a pour objectif
de ne pas perdre plus de 1% des encours qu’il a consenti à sa clientèle PME, la
société de Capital-Risque a pour ambition de gagner 30% à 40% par an sur ces
investissements ! Il s’agit de deux métiers complètement différents. (Voir ci-dessous Tableau comparatif
CR & Banque)
Cependant, il est important de noter que dans
l’exercice normal de leur profession les banquiers partout dans le monde
particulièrement aux USA et en Europe consentent des prêts à risques (aussi
rares soient-ils) et ils ont soutenu de nombreuses entreprises qui sans ces
banquiers elles n'auraient jamais vu le jour, ou elles auraient disparu.
Par conséquent on ne peut pas généraliser la frilosité des banquiers vis-à-vis
des projets innovants et de constater en même temps le niveau d’endettement très
élevé des PME «innovants».
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Tableau comparatif entre
Capital-Risque et financièrement Bancaire.
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Capital-risque |
Banque |
| Entreprise |
PME - PMI |
Toutes les entreprises |
| Age de l'entreprise |
Création |
Développement |
| Développement |
| Transmission |
|
| Nature de l'intervention |
Fonds propres & Conseils |
Essentiellement des prêts |
| Durée de l'intervention |
Long terme |
court et moyen terme |
| Eléments de décision |
Qualités des Dirigeants |
Capacités Financières de remboursement |
| Couple Produit / Marché |
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| Perspectives des plus-values |
Garanties et Cautions |
| Logique financière |
Logique d'investisseur |
Remboursement |
| Plus-values |
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| Type de financement |
Répétitif |
Souvent ponctuel |
| Attitude vis-à-vis de l'entreprise |
Active et engagée |
Passive |
(*) Pierre BATTINI Capital Risque: mode
d’emploi, Editions d’Organisation, Paris FR 2001.
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