|
Le capital risque ou venture capital est une terminologie
financière d’origine américaine, qui est née juste à la fin de la deuxième
guerre mondiale, favorisée par une épargne longue disponible, celle des fonds de
pension et des compagnies d’assurance. Les financiers s’accordent à donner au
Général Georges DORIOT, la paternité de la forme moderne de capital risque et
l’initiative de créer en 1946, la première société à capital risque connu par
«American Research & Development Corporation» (ARD) qui prend des
participations au capital de petites sociétés innovatrices et à fort potentiel
de croissance et de rentabilité. Cette société entrera dans l’histoire en
réalisant un des plus beaux «deals» de l’histoire du capital-risque: un
investissement dans Digital Equipement Corporation DEC dont la valeur sera
multipliée par 6000(1).
Malgré
les quelques success stories dans le secteur de l’électronique, la percée de ce
nouveau concept et de cette nouvelle culture n’était pas évidente à cette
époque, due essentiellement à l’absence d’un cadre juridique organisateur des
pratiques des Venture Capital Companies ‘VCCs’. Il a fallu douze ans, pour qu’en
1958, le gouvernement américain promulgue le décret de la Small Business
Investment Act qui a permis la création des «Small Business Investment
Companies» (SBIC). Ces SBICs sont des sociétés d’Investissement soutenues
financièrement par l’Etat Régional ou Fédéral à travers une participation qui
peut atteindre 75% du capital (soit 3 fois la mise des fondateurs) et ce pour le
soutien financier des petites et moyennes entreprises innovantes. Les SBICs (ou
VCCs) représentaient à l’époque et même de nos jours la source
"institutionnelle" la plus importante des fonds à long terme pour les PMEs
américaines.
C’est à partir de 1958 que l’on a commencé à parler de
l’industrie de venture capital qui s’est définitivement confirmée à la fin des
années 60 avec le développement de l’industrie électronique notamment autour de
«Road 128» dans le Massachusetts et dans la «Silicon Valley» au nord de la
Californie. En 1977, et suite au succès des interventions des SBICs, le
gouvernement américain a rehaussé la loi de 1958 par une seconde loi fortement
incitative accordant plus d’avantages fiscaux aux sociétés à capital risque et à
ses souscripteurs, avec surtout l’assouplissement des règles de gestion des
caisses de retraite et de dépôts. Une année après 1978, cette loi avait créé un
saut qualitatif et quantitatif dans l’industrie du Venture Capital aux
Etats-Unis, et un boom dans les industries innovantes à haute valeur ajoutée,
lié à la fois au développement de nouveaux créneaux de la haute technologie
fortement rémunérateurs et à l’engagement d’entrepreneurs privés américains
hautement qualifiés. Des sociétés telles que Microsoft, MacIntosh, Intel, Sun
Microsystems, Compaq, et de nos jours Yahoo, et Amazon pour ne citer que
quelques exemples de sociétés étaient soutenues dès leur démarrage par des
Sociétés à Capital Risque. Aujourd’hui, le Venture Capital aux USA compte plus
de 1000 fonds dont les 2/3 sont spécialisés dans le financement de projets
innovants et high-tech.
De l’autre coté de l’Atlantique, en Europe,
il a fallu attendre un quart de siècle, et être relancé et convaincu de l’effet
de boom de 1978 aux USA, pour que le capital-risque débarque en Grande
Bretagne, qui est devenu le premier marché européen du capital-risque. Huit ans
après en 1985, l’Allemagne, la France et autres pays Européens ont
institutionnalisé le capital risque. A titre d’exemple la France compte
aujourd’hui 60 sociétés de capital risque regroupées au sein de l’Association
Française des Investissements en Capital-risque (AFIC). Nombre de pays
asiatiques ont eux aussi suivi la tendance et introduit officiellement le
Capital Risque dans les années 90, à l’exception de Singapour et d’Israël qui
l’avaient introduit plus tôt. De même certains pays africains tels que l’Afrique
du Sud, la Tunisie, le Cameroun, Ghana, la Côte d’Ivoire ont suivi cette
tendance vers les mi-90.
(1) Source: Tout-Savoir sur le
Capital Risque, de Gilles Mougenot, Edition City&York
|