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L’introduction du Capital Risque dans un pays donné
s’est toujours fait lentement (25 ans aux Etats Unis et 20 ans en Europe) et a
demandé par conséquent une adaptation de l’environnement institutionnel et
culturel. Contrairement en Tunisie, bien qu’il soit un instrument relativement
récent et qu’on ne saurait faire une appréciation objective de son impact, la
cadence avec laquelle nombre de SICARs – surtout celles fondées par des banques
et d’institutions financières - se sont créées était plutôt rapide. Les
analystes financiers observent cet engouement avec prudence, et craignent qu’il
ne cache un objectif non avoué à savoir l’avantage du dégrèvement fiscal qui
pourrait conduire à la création de SICAR ne maîtrisant pas suffisamment ni les
principes ni les techniques du capital risque. En effet, Il paraît pour nombres
d’observateurs que le secteur s’écarte aujourd’hui de sa vocation originelle et
risque de devenir un sous produit de l’activité bancaire. Par exemple, la quasi
totalité des SICARs bancaires et une grande majorité d’autres SICARs exigent le
‘portage’ dans leur intervention (participation sous forme assimilée à du
crédit, durée de participation et taux des plus values étant fixé d’avance).
Quelques unes continuent d’exiger des garanties réelles des promoteurs en
contrepartie de leur participation, une grande majorité ont adopté une approche
passive ‘hands-off’ de suivi de leurs participations.
Le
capital risque a un rôle crucial à jouer dans l’optique du développement
économique, de par son implication dans toutes les phases de création et de
développement de l’entreprise, commençant par l’identification et le soutien des
créneaux considérés à très haute valeur ajoutée et d’une importance majeure pour
l’économie, jusqu’à la maturité des entreprises et leur éventuelle introduction
à la bourse locale et pourquoi pas aux bourses internationales, ou leur
acquisition par des entreprises multinationales.
Nous rappelons,
que le capital risque est une nouvelle culture, et son introduction dans un pays
donné requiert au niveau de tous les intervenants de nouveaux réflexes et de
nouvelles règles du jeu, qui devraient être pro-risque, et
pro-innovation.
Du côté du promoteur, le capital risque exige
une bonne créativité, et une bonne agressivité sur le plan identification de
l’idée innovatrice qui pourrait contribuer à apporter un plus à la compétitivité
technologique et économique de son pays. Ici le rôle de l’élite Tunisienne,
aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger, chercheurs, ingénieurs, et enseignants
est vital pour fonder une nouvelle génération d’entrepreneurs innovateurs, pour
créer un noyau de projets à haute valeur ajoutée et combler un vide
technologique chronique au pays. L’imposition aux SICARs d’investir 30% de leurs
ressources dans les ZDR et/ou les nouvelles technologies particulièrement, ne
pourrait être réussie dans son aspect technologique qu’en collaboration avec
cette élite. Par ailleurs le capital risque exige du promoteur plus de
transparence et un esprit de partenariat qui conduit à associer la SICAR dès le
départ dans les différentes phases de développement et gestion du
projet.
Du coté des banques, dont les exigences des garanties
réelles constituent un facteur handicapant pour les promoteurs, les experts du
domaine particulièrement Mr. Karaouli ex-PDG SIDCO-Sicar suggérait d’aller
progressivement et outre l’intervention du Fonds National de Garantie vers un
système d’assurance-crédit qui sécuriserait davantage les banques
essentiellement quand il s’agit de leurs concours à de nouveaux promoteurs ou à
des projets initiés dans les Nouvelles Technologies. Récemment le
gouvernement a créé une société de garantie des fonds octroyés ***
PME.
Du côté des investisseurs, les praticiens s’accordent sur le
fait que c’est un métier difficile parce qu’il exige de leur part un rôle actif
de prospection, un savoir-faire poussé des créneaux ciblés, un traitement des
plus diligent des dossiers sélectionnés, et un engagement vis à vis de
l’entreprise dans toutes ses phases de développement. L’exemple
américain prouve la viabilité de cette attitude qui est tout aussi justifiée
pour le cas tunisien surtout chez les entreprises en phase de démarrage qui au
delà de l’apport en capital requièrent une aide à la gestion et des conseils
assez cruciaux dans l’élaboration de leur stratégie de développement et de la
survis de leurs projets.
Nous résumons les défis que
rencontre le secteur comme suit: (pas dans l’ordre)
L’absence de Fonds d’Amorçage ou de Business
Angels pour le lancement des projets technologiques dans leurs premiers
stades,
Un soutien
bancaire des moins évidents, qui entrave l’activité des Sicars non filiales de
banques particulièrement,
Une attitude de Risk-free envers le projet et de credit-man envers le
promoteur de la part de la majorité des Sicars de la place particulièrement
celles filiales de banques.
Un problème de liquidité pour les Sicars non conventionnées avec la
BEI,
Des
perspectives de sortie à la bourse ou par acquisition de groupe industriel des
plus difficiles.
Un
déficit accru de promoteurs dans les nouvelles technologies, et un manque
d’expertise dans l’évaluation, la validation et même le suivi des projets
technologiques.
Une
vision d’affaires trop locale, dans un monde qui se globalise.
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