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La pratique des SICAR en Tunisie

  

Les Filiales de Banques  

Elles sont nombreuses (13) en Tunisie, presque autant de banques que de Sicars dont la SPPI ( fondé par l’Association Professionnelle des Banques et la Banque de Tunisie). Elles ont une attitude qui va de paire avec la stratégie de la banque mère qui travaille généralement avec les clients existants de la banque et rarement des projets «nouveaux promoteurs» ou innovateurs. Leurs approches d’identification des projets est très passive vu l’existence d’un réseau important d’agences réparties partout sur le territoire tunisien qui les alimentent de projets provenant de la clientèle et nécessitant une injection de fonds pour leur croissance, leur programme de mise à niveau ou leur assainissement. La majorité de ces SICARs ont consommé une bonne partie de leurs capitaux. 

Un autre aspect très important dans la pratique du CR en Tunisie est la domination de ce qui est communément connu en Tunisie par le portage dans la manière de participer au capital des sociétés. C’est une manière d’octroyer sa participation sous une forme assimilée à du crédit à court ou moyen terme et avec un taux de rémunération fixé d’avance. Cette pratique de credit-man, est instaurée par les SICARs filiales de banques, qui s’imposent en terme de nombre. Les banques étant actionnaires dans toutes les SICARs de Tunisie, elles influencent une bonne majorité à travailler avec cette méthode considérée la plus sûre en terme de rémunération des participations sur laquelle le promoteur s’engage. Ce ‘portage’ fixant d’avance la valeur des actions à rétrocéder et la durée de cette rétrocession se dissocie ainsi de tout lien avec la performance de l’entreprise et avec la valeur réelle de l’action sur le marché à la date de sortie qui pourrait être plus élevé que celle initiale comme elle pourrait être plus basse. Cette pratique implique la SICAR dans le bien (pas le meilleur) mais jamais pour le pire. Par conséquent la totalité des SICARs adoptant cette pratique ont une approche très passive Hands-off dans le suivi de leurs projets. 
Au sein de toutes les SICARS bancaires qui ont au moins 4 années d’existence, seul la SPPI (la plus ancienne de Tunisie) est agréée par la Banque Européenne d’Investissement, et récemment la Sicar-Invest de la BNA.

Les SICARs bancaires sont aussi frileuses des projets à caractère technologique considéré généralement à haut risque. D’ailleurs lors de l’apparition de la loi des finances 2001, et son article 23 relatif à l’investissement de 30% des fonds des SICARs qui devrait être partagé entre ZDR et projets de la Nouvelle Technologie, la quasi-totaleité des SICARs des banques continuent à soutenir les investissements dans les ZDR plutôt que ceux à vocation technologique s’ils se présentent. Selon les informations que nous avons recueillies, non seulement aucune Sicar bancaire n’avait présenté en 2000 et 2001 de projet à la commission FITI par exemple, mais peut-être à défaut d’expertise dans ces secteurs ou de biens matériels à hypothéquer pour des projets de l’économie immatérielle les banques ont souvent bloqué le financement des projets technologiques. Bien qu’il soit appréciable que quelques D.G. de ces SICARs parlent de soutien aux projets high-tech une fois présentés, mais en réalité la décision finale n’est pas la leur si un cas se présente réellement. Un de ces D.G. avoue que sa banque filtre déjà les projets à présenter à sa SICAR, ceux à caractère technologique sont assez souvent - pour ne pas dire toujours- écarté. 

Les Filiales de Groupes Industriels 

Elles sont au nombre de11 travaillent quasi-exclusivement la stratégie de leur groupe, (dont COTIF du groupe CARTE) essentiellement pour le financement du programme de mise à niveau des projets du groupe et de leur extension à travers l’augmentation du capital…Ces groupes ont généralement des alliances avec des banques de la place, et n’ont pas généralement de barrières à compléter le financement de leurs projets. L’objectif de leur création est assez souvent d’ordre fiscal. Le financement de la technologie n’est pas généralement leur priorité, surtout s’il s’agit d’un projet extérieur au groupe. COTIF agréé par la BEI se distingue dans ce groupe parce qu’elle participe dans des projets hors de son groupe et relativement ouverte à la valeur ajoutée et à la technologie.

Les Sicars Régionales 

Elles sont au nombre de 6, et ne sont pas dépendantes d’une seule institution financière ce qui leur donnent plus de la liberté de développer leurs propres stratégies régionale, industrielle technologique ou autres. Elles subissent toutefois le chantage des banques, qui pour l’accord d’un complément de financement exigent souvent la participation de leurs SICARs dans le capital du projet proposé, ce qui pourrait marginaliser le rôle et parfois même exclure la Sicar régionale du projet qu’elle a longuement travaillé et soumis à la banque. Ces cas ne sont pas fréquents mais se pratiquent quand même.
Contrairement aux SICARs bancaires, et malgré cette contrainte, la survie des SICARs régionales dépend de leurs approches actives de sensibilisation et d’identification des projets. Elles sont celles qui travaillent le plus pour le développement régional de par leurs champs d’intervention qui est dominé par les ZDR, et relativement plus que les Sicars sus-mentionnées pour la technologie ( à des degrés différents bien sûr). Lors de la commission FITI du 17 Juillet 2001 ( la première en l’an 2001) il y avait 2 projets présentés par 2 Sicars régionales, SODICAB et SIDCO (centre-ouest).

Tuninvest et les Sicars soeurs

Elles sont au nombre de 5, toutes fondées par le Groue Tunisien Leasing. Elles pratiquent plutôt le capital-développement vu qu’elles ont choisi de travailler essentiellement pour l’extension des entreprises existantes. Ses clients sont essentiellement les grandes entreprises de la place qui veulent se développer davantage. Quatre éléments font distinguer Tuninvest et les Sicars soeurs du reste des SICARs de Tunisie: 
Par la nature de ses actionnaires qui est très différente de celle du reste des Sicars de la place avec des institutions étrangères telles que BEI, FMO, SFI, SIPAREX, quelques banques locales, Tunisie-Leasing, et de nombreux Investisseurs Individuels. 
Cette diversité d’investisseurs au sein du conseil l’a encouragé à adopter une approche de participation en tant qu’investisseur réel caractérisé par une sortie libre en fonction de la valeur réelle de l’action au moment de la sortie et ce conformément aux pratiques de la profession à l’étranger en France particulièrement. Par conséquent Tuninvest est impliqué dans le projet pour le meilleur comme pour le pire. 
Cette implication dans le risque du projet, lui impose une implication et un engagement dans la gestion des projets, avec une équipe bien rodée, formée de cadres des meilleurs sur la place, chacun bénéficiant d’un bon programme de formation sur les pratiques françaises de gestion et de suivi des projets et d’ingénierie financière de sociétés à capital risque. 
Son capital étant ouvert au publique, Tuninvest est la seule Sicar de Tunisie coté en bourse. 

Tuninvest intervient surtout dans les entreprises à très haute valeur ajoutée commerciale (Meliha, baguette & baguette…) et en second lieu industrielle et technologique (Médis, pour la fabrication de médicaments stériles). De toutes les Sicars opérationnelles de la Tunisie (à part SODICAB qui avec l’apparition de la loi des Finances 2001, et en l’absence de ZDR à Nabeul a voulu se spécialiser dans les Nouvelles Technologies) Tuninvest est la première SICAR de Tunisie à créer en Janvier 2002 à travers le Groupe Tunisie-Leasing, une Sicar spécialisée dans les Nouvelles Technologies, appelée Tuninvest-Innovation.

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