Le Capital Risqueur recherche des inventions
industrialisables, des techniques nouvelles, des technologies à fort potentiel
de croissance, qui seront développées par des personnes qui deviendront de
futurs entrepreneurs. Ce sont ces entrepreneurs que le capital risqueur
est prêt à financer et accompagner dans leur développement pendant quelques
années.
Que peut faire, que doit faire le détenteur
d’un brevet?
Il y a bien sûr le cas de l’inventeur qui souhaite
rester inventeur et qui n’entend pas du tout se lancer dans une fabrication
quelconque, ou entrer dans un processus de production et avoir les tracas du
chef d’entreprise. Il serait néanmoins dommage de laisser les brevets
dans un tiroir, pour s’apercevoir quelques années plus tard que quelqu’un a fait
fortune en fabriquant un produit analogue.
Trois possibilités s’offrent alors à
lui
1. Vendre le brevet enregistré à des
industriels, dans un but d’exploitation; on a vu cependant des industriels qui
rachetaient des brevets dans le but de ne pas les exploiter, uniquement pour
continuer à jouir d’une rente de situation et retarder le plus possible
l’apparition d’une concurrence. Le vendeur touchera du «cash» qui sera
faiblement imposé et pourra se consacrer à d’autres inventions ou loisirs
… L’inventeur devra non seulement céder les brevets mais aussi des plans, un
ou des prototypes, voire une présérie.
2. Céder la ou les licences d’exploitation
de fabrication et de vente à un industriel; il devra s’engager à le faire
bénéficier de toutes les améliorations et extensions apportées au
brevet. En général dans cette situation l’inventeur encaisse du cash et
percevra des royalties faiblement imposées pendant une durée variable, cinq, dix
ans ou plus; un brevet a une durée de vie de vingt ans, au-delà il tombe dans le
domaine public, ce qui offre parfois des opportunités très intéressantes, comme
pour les produits génériques dans la pharmacie… Les royalties sont
calculées sur une base dégressive:
Exemple:
-
3% si le chiffre d’affaires est compris entre 0 et 10 millions
de francs
-
2%, s’il est compris entre 10 et 100 millions de francs;
-
0,5% au-delà
C’est une rente qui peut être entretenue par des extensions
générant des revenus supplémentaires et prolongeant la période
d’exploitation.
3. Créer une entreprise pour exploiter le
ou les brevets. S’il veut se lancer dans la fabrication et la
distribution, il devient le créateur à la recherche de financement et fera appel
aux sociétés de Capital Risque; c’est le classique de la création
d’entreprise.
Deux cas possibles:
-
Il peut apporter son brevet à la société ce qui constitue son
capital (l’apport des brevets est validé par le Commissaire aux Apports) et lui
permet de détenir une part importante du capital, et il en sera le dirigeant. Il
devra également apporter plans ou prototypes.
-
En revanche, il peut conserver les brevets à titre personnel,
mais dans ce cas il risque de ne pas avoir la majorité dans la société ; il cède
donc une licence d’exploitation à la société financée par le Capital Risque qui
le rémunérera en lui versant des royalties en fonction du chiffre d’affaires
réalisé ; il pourra également assurer une mission de conseil, de mise en œuvre
et sera rémunéré pour cela. Il peut n’apporter dans une première phase
que certains brevets à la société, par exemple l’exploitation pour l’Europe, se
réservant les brevets américains; en cas d’augmentation de capital pour le
développement, l’inventeur pourra à ce moment apporter les brevets américains ce
qui constituera son apport et lui permettra d’être moins dilué dans le
capital. Mais: les SCR souhaitent que les brevets principaux soient
apportés à la société.
Remarques:
1.Combien
vaut et comment estimer un brevet? Un brevet est un capital, il faut donc
l’estimer à partir de la capitalisation des flux de revenus qu’il peut
générer. Sans entrer dans des calculs d’actuaires très compliqués, si
le résultat prévisible de l’exploitation est de un million de dollars par an,
les taux d’intérêt étant de 5% on peut estimer la valeur du brevet à 20 millions
(un capital de 20 millions placé à 5% rapporte un million). Il faudra
tenir compte d’autres éléments: la fiscalité toujours présente celle des
personnes physiques et celle des sociétés, la durée de la licence concédée, la
difficulté à fabriquer le produit; c'est-à-dire que la valeur pourra se situer
en fonction de tous ces éléments entre … dix et trente millions de dollars. Mais
il faudra surtout faire très attention aux perspectives de développement et de
chiffre d’affaires. Une règle simple veut que l’inventeur surestime
toujours la valeur, le chiffre d’affaires et les parts de marché, et qu’à
l’inverse, l’industriel qui a l’expérience des difficultés de fabrication et de
vente, sous-estime généreusement …
2. En
France, la fiscalité des brevets pour l’inventeur ou pour la société civile de
brevets qui cède des licences d’exploitation est favorable, puisque les
opérations de cessions de brevets ou de perception de royalties sont taxées au
taux des plus-values à long terme, auquel s’ajoutent les prélèvements
sociaux. Quantitatifs: les choix et stratégies faits dans le passé, et
les chiffres en général sur les trois dernières années. L’horizon du
plan détaillé sera de trois années avec une projection plus globale sur cinq
ans, lorsqu’il s’agit de secteurs qui ne sont pas trop sujets à
bouleversements. Certes, le plan n’est pas immuable, et dès qu’il
commence à être mis en application, des modifications légères et les déviations
apparaissent; cependant il ne s’agit pas de changements stratégiques
fondamentaux. C’est pourquoi, le plan doit être restructuré, corrigé et
actualisé tous les ans, parfois tous les six mois.
Des qualités indispensables: souplesse et
sensibilité
Le plan doit être précis et détaillé dans
toutes ses composantes, industrielles, commerciales et financières, sans exclure
la souplesse, c'est-à-dire une marge de manœuvre possible qui permette de
corriger de temps en temps la trajectoire en fonction de réactions en provenance
de l’extérieur ou de difficultés venant de l’intérieur de
l’entreprise. Cette souplesse se caractérise par des solutions
alternatives, dont les conséquences sont chiffrables; il doit inclure une étude
de sensibilité sur quelques grandes variables. Exemples: quelles sont
les conséquences sur les résultats si le chiffre d’affaires est inférieur, ou
supérieur de 5% à celui prévu, de 10% ou de 20% ?
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